qui a précédé sûrement celle du XVIᵉ siècle, attribuée aux Italiens qui, pour un certain temps et par suite de l’engouement de ce temps, ont affaibli notre art français bien plus qu’ils ne l’ont régénéré.

Les sculptures des ateliers d’Anvers, si curieuses à tous égards, sont marquées d’une main coupée, frappée au fer rouge,—l’une des pièces des armoiries de la

Fig. 113.—Groupe en bois sculpté (0ᵐ,26 de hauteur) (XVᵉ siècle).

Ateliers d’Anvers (Belgique).

ville: Antwerpen;—celles de Bruxelles portent également un signe frappé au feu. Les images en bois, en ivoire, en vermeil, que nous indiquons à titre de spécimens de l’art des imagiers du XIIIᵉ au XVᵉ siècle, démontrent que les traditions s’étaient conservées

Fig. 114.—Statuette en bois peint et doré (0ᵐ,50 de hauteur) (XVᵉ siècle). Ateliers de Bruxelles (Belgique).

dans cette corporation. Obéissant à des conventions iconographiques, leurs œuvres portent encore des traces hiératiques qui ne nuisent pas à la justesse du mouvement et de l’expression; elles sont composées avec tant d’adresse, de goût, de finesse, et complétées par une grande liberté d’exécution, qu’elles font encore l’admiration des artistes modernes[44]. Elles doivent ces qualités essentiellement françaises au talent des artistes certainement, mais aussi et peut-être surtout à l’institution protectrice des maîtrises qui pourraient servir d’exemple, après avoir été modifiées par les idées progressives du temps, à ceux qui ont la mission de maintenir les arts nationaux au plus haut degré de perfectionnement.