Fig. 127.—Vitrail du XVᵉ siècle.
Cathédrale d’Evreux.
Les émaux les plus anciens sont généralement champlevés et cloisonnés: champlevés, c’est-à-dire creusés pour recevoir l’émail fusible, le creux contournant la masse des figures ou des ornements; cloisonnés par de petites lames de métal fixées sur le fond et marquant les détails des nus et des vêtements. Le fond, les cloisons et les parties nues des figures sont dorés et les détails dessinés par des traits
Fig. 128.—Émail du XIᵉ siècle.—Plaque-couverture de manuscrit (hauteur, 0ᵐ,12; largeur, 0ᵐ,065).
gravés, de sorte que les vêtements seuls sont émaillés.
La figure 128 montre un émail de la fin du XIᵉ siècle, dont les inscriptions, placées de chaque côté de la croix, sont formées de lettres superposées verticalement, se lisant de haut en bas, et dans lequel on peut étudier ces diverses particularités.
Dès le commencement du XIIIᵉ siècle, l’émail est fait en taille d’épargne, c’est-à-dire que le fond est champlevé pour recevoir les matières diverses qui doivent être soumises à l’action du feu pour former l’émail. Les vêtements, les mains et les pieds des figures—épargnées—sont modelés et ciselés en très bas-relief; mais le personnage principal, le Christ, les têtes des personnages qui l’accompagnent, ainsi que les têtes des anges, sont en véritable relief, modelés et ciselés vigoureusement.
La plaque-couverture d’évangéliaire (fig. [129]) nous donne un exemple des plus caractéristiques de ce genre d’émail, qui remonte aux premières années du XIIIᵉ siècle et provient des ateliers de Limoges, fondés par les moines de Solignac.