où reposait le corps du saint patron de l’église, autour duquel on établit des galeries basses pour faciliter la circulation des fidèles.
FIG. 136.—NARTHEX DE L’ÉGLISE DE SAINT-BENOIT-SUR-LOIRE. (Coupe.)
La forme du chœur de Saint-Savin peut d’ailleurs être rapprochée de celle de Vignory[77], car elle présente cette particularité, des plus curieuses, de ressembler à l’abside de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem, élevée sous le règne de Constantin, de 325 à 336 de notre ère[78]. On sait l’immense intérêt qui s’attacha aux Lieux Saints dès les premiers temps du christianisme, et il est tout simple de penser que la forme donnée à l’église primitive élevée sur le tombeau du Christ dût exercer sur toute la chrétienté une influence considérable. Elle s’est traduite par un grand nombre d’imitations monumentales, non seulement à l’état d’édifices isolés, mais encore par la forme donnée aux sanctuaires des grandes églises romanes.
Le narthex ou, suivant Viollet-le-Duc, le grand porche, élevé sur la façade occidentale de l’église de Saint-Benoît-sur-Loire, date du XIᵉ siècle.
Il se compose d’un quinconce de fortes piles ouvert sur trois de ses faces, tandis que les porches romans sont généralement clos de murs et n’ont d’issues que par les portes principales ou secondaires; il est couvert par des voûtes d’arête. Il occupe une grande surface, et au-dessus s’élève une salle haute construite comme la salle basse et voûtée de même, mais beaucoup plus élevée ([fig. 136]).
Le porche ou plutôt le magnifique narthex de Saint-Benoît-sur-Loire qui fut élevé avant 1030, suivant certains auteurs, présente un superbe exemple de voûtement général, remarquable par sa vigoureuse construction dont la puissante ossature fait voir encore la préoccupation des architectes romans. S’exagérant l’importance de la poussée des voûtes d’arête, ils ont multiplié les points d’appui en leur donnant des dimensions exagérées qui ne sont plus en rapport proportionnel avec les voûtes remplissant les compartiments sur plan carré, laissés dans le réseau des arcs-doubleaux.
Selon de Caumont, des vestibules ou porches à peu près semblables existent à Airvault (dans le département des Deux-Sèvres), à Tournus (Saône-et-Loire), ainsi que dans les grandes abbayes de Cluny et de Vézelay: mais le narthex de Saint-Benoît-sur-Loire est l’un des plus beaux spécimens des ouvrages de ce genre et l’un de ceux qui donnent une haute idée de la science des constructeurs romans du XIᵉ siècle.
CHAPITRE IX
ÉGLISE DE SAINT-PAUL, A ISSOIRE.—ÉGLISE DE NOTRE-DAME LA GRANDE, A POITIERS.—ÉGLISE DE SAINT-HILAIRE, A POITIERS.—ÉGLISE DE SAINT-SERNIN, A TOULOUSE.