LES THERMES D’ANTONIN CARACALLA A ROME.

Bien qu’ils paraissent s’éloigner des basiliques par leur destination, les Thermes antiques et surtout les Thermes d’Antonin Caracalla, bâtis au commencement du IIIᵉ siècle, s’y rattachent intimement, non seulement par les particularités de leur construction, mais encore par le parti architectural.

Les Thermes de Caracalla étaient le dernier mot de l’art romain arrivé à son plus haut développement; et si leurs ruines gigantesques sont encore l’objet d’un légitime étonnement, on peut se figurer l’admiration que durent exciter ces immenses monuments lorsqu’ils étaient complets, imposants par leurs proportions colossales autant que séduisants par la richesse de leur décoration.

Aussi ont-ils frappé l’esprit des architectes contemporains et de ceux qui recueillirent leur succession. Cette influence s’exerça dès les premières années du IVᵉ siècle; nous verrons d’abord les constructeurs chrétiens s’inspirer directement de cette œuvre admirable et donner à l’une de leurs premières basiliques les dispositions

FIG. 8.—THERMES D’ANTONIN CARACALLA, A ROME. (Plan.)

presque identiques de l’une des plus belles salles des Thermes de Caracalla.

Nous verrons ensuite, deux siècles plus tard, les architectes de Sainte-Sophie se souvenir des Thermes et suivre encore les traditions romaines, perfectionnées ou modifiées au contact de la civilisation orientale.

A l’exception des temples ronds, la plupart des temples et des basiliques de Rome, grecs par le plan et la structure, étaient couverts par des charpentes.

Les nefs des basiliques n’étaient pas voûtées, mais fermées par des combles lambrissés. Ce ne fut qu’après l’incendie de Rome, sous Néron, que les Romains abandonnèrent presque partout les couvertures en charpente pour y substituer les voûtes en maçonnerie.