Les ailes du transsept semblent avoir été modifiées après la construction primitive; celle du sud-est, voûtée en berceau et celle du nord-est, couronnée par une coupole hémisphérique, ovale en plan.
La nef est composée de quatre travées couronnées par des coupoles sur pendentifs, la dernière couvrant, avec les particularités que nous avons indiquées, le sanctuaire, cantonné, comme à Cahors, de trois absidioles voûtées en quart de sphère. Celles-ci, circulaires à l’intérieur, sont polygones à l’extérieur et chacun des angles est muni d’un contrefort sous forme de colonne engagée.
Les coupoles de Solignac sont couvertes, comme celles d’Angoulême et d’autres que nous avons signalées, par un comble à deux rampants.
A l’extérieur, les proportions sont moins heureuses encore que celles de Cahors.
A l’intérieur, les absides et les absidioles, bien que polygones, rappellent les églises du Poitou et surtout celles de l’Auvergne par ce détail caractéristique des arcatures ornant la partie haute de l’abside et du transsept, et qui encadrent quelques fenêtres ménagées à la base de la coupole du sanctuaire.
L’église du monastère de Solignac a été élevée dans les premières années du XIIᵉ siècle, car la dédicace en fut faite en 1143.
CHAPITRE XV
ÉGLISE DE FONTEVRAULT.—ÉGLISE DE SAUMUR.—ÉGLISE DU PUY-EN-VELAY (FRANCE).
L’église abbatiale de Fontevrault a été bâtie à peu près en même temps que la cathédrale d’Angoulême, de 1101 à 1120, et consacrée pour la première fois en 1119 par le pape Calixte II.
Le plan de ces deux églises est le même, sauf le chœur; les coupoles sont semblables et sont certainement des dérivés de Saint-Front en ce qui concerne le parti architectural et le mode de construction; cependant les progrès que nous avons constatés à Cahors et à Angoulême s’affirment plus encore et ces perfectionnements s’expliquent par l’habileté toujours croissante des architectes romans; les piles, les arcs-doubleaux et les pendentifs n’ont plus que les dimensions nécessaires; les poussées et les résistances sont calculées savamment et les contreforts, placés aux points utiles, s’accusent davantage, afin de ne plus donner aux murs de clôture que des épaisseurs utilement réduites.