La nef, se terminant par une abside sans collatéral, consiste en une suite de travées voûtées, comme le carré du transsept l’est ordinairement dans les églises romanes, c’est-à-dire que chacune de ces travées est surmontée d’un tambour octogone, sur plan carré, racheté par des trompes très ingénieusement disposées, et d’une coupole également octogone, qui rappelle celles de Saint-Vital, de Ravenne ou de l’église palatine d’Aix-la-Chapelle; la coupole surmontant la croisée du transsept est disposée de même, mais plus élevée au-dessus du comble à deux pentes qui couvre celles de la nef; les ailes du transsept sont voûtées en berceau.
Suivant Viollet-le-Duc, Notre-Dame du Puy est unique dans sa disposition. «En passant par un porche très relevé, comme une loge immense, on pénètre sous le parvis de l’église et on débouche par un escalier devant le maître-autel. Ce degré se prolonge au loin, dans la rue percée en face le portail. Cette disposition si étrange avait été prise pour permettre aux nombreux pèlerins qui visitaient Notre-Dame du Puy d’arriver processionnellement jusqu’à l’image vénérée. La cathédrale du Puy présente des traces d’un édifice du XIᵉ siècle. Les trois travées orientales sont en plein cintre et les autres
FIG. 179.—ÉGLISE DU PUY-EN-VELAY. (Clocher.)
en arcs brisés,—achevées vers le milieu du XIIᵉ siècle et couronnées par des coupoles octogones... Les parements extérieurs sont composés d’assises de grès blanc et de lave noire, de façon à former de grandes mosaïques[92].»
Le clocher rappelle les clochers limousins et périgourdins, surtout ceux de Saint-Léonard et de Brantôme. Il se compose, à la base, d’une muraille carrée, reliée à quatre piles isolées par des arcs portant des berceaux perpendiculaires aux quatre côtés de ce mur; sur ces berceaux reposent les étages supérieurs se rétrécissant à chaque étage jusqu’à l’aplomb des piles intérieures.
Le cloître, dont la construction primitive remonterait, en partie, au Xᵉ siècle (?), a été reconstruit sur trois côtés au XIIᵉ siècle. Les galeries sont couvertes par des voûtes d’arête romaines, portant d’un côté sur les murs extérieurs et, du côté de l’aitre du cloître, sur de grosses piles composées d’assises et cantonnées de colonnes monolithes dégagées. Ces piles sont reliées par deux rangs d’archivoltes en plein cintre, formées de claveaux alternativement noirs et blancs et dont l’extrados est orné de mosaïques de lave et de briques en losange, qui décorent également les écoinçons et la frise au-dessus de la corniche. Le cloître du Puy a un caractère byzantin très accusé par la construction même, indiquant nettement l’influence orientale et par tous les détails de la décoration bâtie ou sculptée.
FIG. 180.—ÉGLISE DU PUY-EN-VELAY. (Cloître.)