C’est tout un système de construction qui impose des lois à l’architecture, avant que l’architecte ne songe à la décoration du monument[4].
Il est facile de reconnaître d’abord que la partie purement décorative ne fait pas corps avec la structure, car cette décoration, faite après coup, ne se compose que d’un placage qui ne contribue pas à la solidité de l’édifice; puisqu’il n’existe plus, comme dans les constructions grecques, une alliance intime, absolue, entre la construction et le vêtement décoratif qu’elle reçoit.
En étudiant la construction de cette immense rotonde, on voit avec quel soin l’architecte a évité les masses inutiles et avec quelle science il a combiné les pleins et les vides, ceux-ci contribuant à assurer la rigidité du mur circulaire en reportant les charges sur des points déterminés et en multipliant les surfaces résistantes; à la naissance de la voûte, une série de contreforts, coupant les voûtes en quart de sphère et des berceaux bandés parallèlement au mur circulaire, maintient puissamment la grande coupole hémisphérique ([fig. 13]).
Le Panthéon compte, très justement, parmi les chefs-d’œuvre de l’architecture romaine. Il fut construit en l’an 26 avant Jésus-Christ, par l’architecte Valerius d’Ostie. Nous avons vu précédemment les dimensions colossales de cette vaste salle et la décoration qui y fut appliquée après sa construction; l’attique, orné de pilastres, qui, à l’origine, surmontait les colonnes a été remplacé par les cariatides de Diogène. Une petite corniche sépare cet attique de la coupole qui s’élève d’un jet jusqu’à l’ouverture circulaire, large de sept mètres, d’où tombe un flot de lumière. Cet éclairage unique, glissant sur les caissons de la coupole et laissant les grandes niches dans une ombre mystérieuse, la régularité grandiose de l’ordonnance et la beauté de la matière donnent au solennel édifice un aspect extraordinairement majestueux.
Le palais de Sarvistan, construit au IVᵉ siècle avant Jésus-Christ[5], s’élève à l’extrémité d’une plaine déserte traversée par la vieille route des caravanes, conduisant de Chiraz à Darab-Guerd et à Bender-Abbas.
FIG. 14.
PALAIS DE SARVISTAN (PERSE).
(Plan.)
(D’après les dessins de M. Dieulafoy.)