La construction de Sainte-Sophie est une merveille, car nulle part on n’a appliqué avec plus de hardiesse et

FIG. 71.—ÉGLISE DE SAINTE-SOPHIE, A CONSTANTINOPLE. (Vue perspective intérieure.)

de franchise les principes de construction d’une architecture rationnelle.

Sainte-Sophie est le chef-d’œuvre de l’art byzantin; elle est restée un modèle pour tout l’Orient. On s’est efforcé de l’imiter, tout en le simplifiant, non seulement en Orient, mais encore dans toute l’Europe occidentale, en Italie, en Allemagne et surtout en France où l’art antique et l’art byzantin semèrent les germes d’une architecture qui devait avoir un si grand éclat quelques siècles plus tard.

CHAPITRE XV

ÉGLISE DE THÉOTOCOS, A CONSTANTINOPLE.—ÉGLISE DE SANTA-FOSCA, A TORCELLO (ITALIE).—ÉGLISE DE SAINT-NICODÈME, A ATHÈNES.—ÉGLISE DU MONASTÈRE DE DAPHNI, PRÈS D’ATHÈNES.

L’église de la Mère-de-DieuAgia Theotocos—édifice byzantin bâti à Constantinople dans les dernières années du IXᵉ siècle, rappelle des dispositions presque identiques à celles du prétoire de Mousmieh, bâti par les Romains, dans la Syrie centrale, vers le IIᵉ siècle de notre ère (fig. [6] et [7]). Suivant l’usage adopté par les chrétiens grecs, le plan figure une croix grecque composée d’une nef carrée, formant la croisée des quatre bras au-dessus desquels s’élève la coupole principale. La nef centrale est cantonnée de quatre bras: celui de l’est, prolongé pour continuer le chœur et se terminant par une abside majeure accompagnée latéralement de deux galeries terminées chacune par une absidiole; celui de l’ouest, augmenté ou, plus exactement, précédé d’un narthex plus ou moins important, communiquant avec les galeries latérales. La croisée de celle-ci, près du chœur et du narthex, est souvent couronnée par une petite coupole.

FIG. 72.—ÉGLISE DE THÉOTOCOS, A CONSTANTINOPLE. (Plan.)