CHAPELLE DU PALAIS DE CHARLEMAGNE, A AIX (ALLEMAGNE).—ÉGLISE DE GERMINY-DES-PRÉS (FRANCE).—ÉGLISE DE LA MARTORANA, A PALERME (SICILE).
La chapelle palatine d’Aix fut élevée par Charlemagne à la fin du VIIIᵉ siècle: un moine de Fontanelles (saint Wandrille) en dirigea les travaux et le pape Léon III en fit la consécration le jour des Rois de l’année 804.
«Aucun des édifices chrétiens, élevés depuis l’achèvement de Sainte-Sophie de Constantinople jusqu’au IXᵉ siècle, ne fut l’objet, de la part de son fondateur, d’autant de sollicitude que Notre-Dame d’Aix-la-Chapelle. Imitant ce qu’avait fait Justinien pour Sainte-Sophie, Charlemagne fit venir de Trèves, de Rome, de Ravenne, les matériaux précieux destinés à son palais et à la chapelle attenante. Dans l’église, les portes et les balustrades encore existantes sont en bronze; la coupole était revêtue de mosaïques[29].»
La rotonde carolingienne d’Aix procède évidemment de la rotonde byzantine de Ravenne. Comme celle-ci, Notre-Dame d’Aix-la-Chapelle se compose d’une salle centrale octogone de 14ᵐ,50 de diamètre, voûtée en coupole et entourée de bas côtes de 6ᵐ,30 de largeur, ou galeries à deux étages largement ouvertes sur le vaisseau central ([fig. 84]).
Le porche, à deux étages, est identique à celui de Ravenne; deux tours placées de chaque côté contiennent les escaliers conduisant à une tribune qui communique avec les galeries hautes contournant la nef.
FIG. 83.
CHAPELLE DU PALAIS DE CHARLEMAGNE
A AIX-LA-CHAPELLE. (Plan.)
La différence existant entre les deux rotondes tient à la forme des voûtes et aux dispositions de celles qui les enveloppent. A Ravenne, la coupole sphérique se raccorde par une série de pendentifs avec les parois octogones du tambour. Dans la chapelle d’Aix, la rotonde est octogone comme son appui. Mais la diversité des formes et du système de construction apparaît surtout dans les galeries du pourtour, qui sont dans la chapelle palatine mieux liées aux supports de la coupole et, par elles-mêmes, beaucoup mieux disposées qu’elles ne le sont à Saint-Vital.
Dans la chapelle palatine d’Aix, les supports de la coupole sont relativement frêles et la masse des maçonneries est reportée jusqu’à l’enceinte; celle-ci forme un polygone de seize côtés, se combinant avec l’octogone par une série de voûtes alternativement carrées ou triangulaires. Des arcs-doubleaux, retombant sur des dosserets engagés dans les piliers ou le mur d’enceinte, forment