CHAPITRE III

ÉGLISE DE FORME BASILICALE.—ÉGLISE DE VIGNORY.—ÉGLISE DE SAINT-GENOU.—ÉGLISE DE CERISY-LA-FORÊT (FRANCE).

Les premières églises romanes n’eurent qu’une durée éphémère, soit par les vices de leur construction, soit par la précipitation avec laquelle elles avaient été bâties, ou soit encore par l’inexpérience des constructeurs.

Après plus ou moins d’années de service, ces édifices s’écroulèrent ou durent être démolis. Quicherat nous apprend qu’on en sauva ce qu’on put: des pans de murs, une abside, quelques arcades de nef, les cryptes dont la construction s’était effectuée sans sortir des pratiques connues. Les tours étaient dans le même cas, n’ayant que des étages étroits, enfermés entre quatre murs; aussi sont-elles ce qui s’est le mieux conservé des ouvrages de l’an 1000. Il y en a peu, parmi celles qui adhèrent aux anciennes églises, dont la base ne remonte à cette antiquité.

L’étude des monuments démontre l’existence précaire de ces édifices primitifs. Ces faits sont très particulièrement prouvés par les chroniques des cathédrales et des monastères mentionnant, dans le courant du XIᵉ siècle, les mêmes faits d’écroulements partiels ou complets, aussi fréquents, après l’an 1000, que l’avaient été avant cette époque les relations d’incendies.

«Ce fâcheux résultat du travail de la première heure paraît avoir suggéré un compromis, auquel nous devons les monuments du XIᵉ siècle qui se sont le mieux conservés[54]

Telles sont les églises dont certaines parties seulement sont voûtées, tandis que le reste de l’édifice est couvert en bois.

FIG. 102.—ÉGLISE DE VIGNORY, HAUTE MARNE (FRANCE). (Plan.)

Quelques-uns de ces édifices sont parvenus jusqu’à nous dans leurs dispositions primitives; telles sont les nefs de Jumièges, de Montiérender et l’église de Vignory.