—Une mauvaise action, gronda-t-il.

—Ne la condamne pas d'avance, objecta doucement Blanche.

Elle les attendait au seuil de la chapelle du château. Elle les aperçut, conduits par la duchesse, et fit un signe de croix, elle qui ne savait plus prier. Ses yeux cherchèrent à percer les murs pour aller à l'invisible Dieu caché là et lui demander aide et merci. Plus les autres avançaient, plus fuyait le reste de ses forces. Enfin, ils étaient devant elle, ils la touchaient presque; elle s'agenouilla et, prête à tout dire, décidée aux aveux, ne trouva pourtant que ce mot: «Pardon, pardon...» Elle gisait, éperdue, palpitante, ses longs voiles balayaient le sol. Robert, interdit, rêvait de la voir en cet état, de voir Blanche émue, la duchesse attentive, sans que l'une ou l'autre fissent mine de relever la créature prosternée. Comme le silence seul accueillait ses paroles, Léonie comprit qu'elle devait gravir son calvaire jusqu'au bout. Elle dit:

—J'ai menti. Je ne vous suis rien. Vous êtes le fils de la marquise de Kercoëth.

—Moi! moi! cria Robert. Ah! son cœur m'avait reconnu, tout le mien l'avait devinée.

Léonie s'affaissa davantage. Ce n'était point assez qu'elle se martyrisât, il l'écrasait de sa joie débordante.

—Pardon! soupira-t-elle encore.

—Mes années de misère, mes tortures morales, ce qui n'a frappé que moi, oui, du fond de l'âme, je vous le pardonne. Mais la folie de ma mère, jamais, jamais.

—Robert!...

On entendit le grincement des grilles, le piaffement des chevaux, Yvonne et Alain arrivaient; Blanche la releva.