Il semble se croire seul aimé et qui aime. Je me rappelle pourtant...

—«Mon cher Hénart, si je me rappelle bien deux ou trois mots que vous m'en avez dits, c'est tout par hasard que vous l'avez connue, cette jeune fille.»

—«Tout par hasard, certes; je l'ai vue pour la première fois, un jour, dans un jardin, avec deux autres jeunes filles; je passais, un peu flânant; elle était là, si fraîche, si simple: il y a plus de six mois déjà; j'ai su où elle demeurait, puis son nom, ce qu'elle était... Voilà.»

Voilà; il l'avoue; dans un jardin; trois jeunes filles; je me suis assis en face d'elles; j'ai tiré mon lorgnon; je l'ai suivie; voilà.

—«Et quand un mathématicien se sent une fois amoureux, tout est perdu. Vous lui avez parlé?»

—«Pas tout de suite. Elle m'avait remarqué; elle me l'a dit plus tard. Je sus qu'elle demeurait avec sa mère. Vous devinez le reste.»

—«Oui. Vous lui avez remis des billets.»

—«Non. J'ai enfin eu l'ami d'un ami qui m'a mis en relation avec ces dames.»

Du proxénétisme.

—«Et vous êtes content?»