»10:—Seconde lettre de moi.................»
J'ai les brouillons de mes deux lettres et sa réponse; voyons la lettre d'elle. Voici ma première lettre.
«J'espérais ne pas m'en aller lundi sans avoir serré votre main.............................»
Et cetera; ce n'est pas intéressant. Ah, sa réponse.
«J'ai été très touchée de vos tendres paroles, Je les crois sincères!... Je vous ai semblé triste lors de votre dernière visite; en effet je le suis. Vous avez dû remarquer en moi un certain trouble. Je n'ai pas osé vous dire que je traverse en ce moment une crise des plus pénibles qui ne me laisse de trêve ni jour ni nuit. J'ai des obligations sérieuses à remplir et il me faudrait me sentir allégée de ce côté pour me retrouver moi-même et être à vous. Je n'ai malheureusement aucune indépendance personnelle et de lourdes charges à soutenir; alors même que mon cœur m'entraînerait vers le vôtre, je suis trop honnête femme pour vous dissimuler plus longtemps ma situation, ne connaissant pas la vôtre et ne sachant quels seraient les sacrifices que vous pourriez faire de suite pour me tirer de l'impasse si écrasante dans laquelle je me trouve. Après cet exposé voyez si vous pouvez être l'ami sur lequel je puisse absolument compter; ou considérez cet aveu comme non avenu en m'oubliant à toujours.
»Léa d'Arsay.»
Ma seconde lettre.
«10 février 1887.
«Ma chère amie,
»Je vous assure que je vous sais gré de votre franchise.....»