Charles Berty devait venir passer huit jours ; il annonça sa visite pour la fin du mois. Le cousin Desruyssarts, au contraire, arriva au bout de quelques jours ; il n’était pas fâché, disait-il, de renouer connaissance avec ce vieux pays de Saint-Paulin. Sa femme et son fils cadet, Paul, l’accompagnaient ; son premier fils, Georges, vint le rejoindre le surlendemain avec sa femme. Madame Desruyssarts mère prit momentanément la direction de la maison ; elle avait amené deux domestiques et apporté mille sorte de provisions ; ce fut un branle-bas général dans le château. Henri Courtois avait été présenté ; Marcelin le contraignit à venir tous les jours. Le père Homo rayonnait. Le mois de septembre était magnifique ; il fut question de chasser, mais on n’était pas préparé, on se rabattit sur les promenades, les excursions.
Paul était un joueur de tennis admirable ; il avait apporté un tennis ; on eut beaucoup de peine à l’installer ; on joua deux ou trois fois, tant bien que mal. A la fin de la semaine, quand les cousins parlèrent de partir, Marcelin se surprit à étouffer un soupir de soulagement.
— Tu sais, dit Paul à son cousin un jour qu’ils se promenaient tous deux avec Henri… Madame Aron-Véber m’a beaucoup parlé de toi depuis ton départ.
Henri releva la tête. Paul se tourna vers lui, et, désignant Marcelin d’un coup d’œil :
— C’est son flirt de Dieppe.
— La femme du coulissier ?
— Vous la connaissez ?
— Oh ! moi, je ne connais personne. J’ai été deux fois chez elle à Paris. Mon professeur, le docteur Dubois, m’a présenté.