— Comment lui expliquer demain pourquoi je suis ici ? disait Marc épouvanté.
Thérèse se rappelant les réticences de son hôte s’interrogeait aussi :
— Qu’a-t-il donc à m’apprendre demain ?
Ainsi pour tous, arrivants et habitants, l’angoisse commençait. Deux seulement, paraissant échapper à cette attente inexplicable de l’heure prochaine, ne s’étaient pas couchés et, comme mus par des volontés parallèles, s’étaient assis, chacun dans sa maison, devant une table pour travailler.
« Histoire anecdotique des mœurs, coutumes et habitudes propres aux diverses espèces connues sous le nom générique de Fourmis », avait écrit M. Lethois en tête d’un grand feuillet.
« Histoire de sainte Letgarde. Chap. XIV. Comment sainte Letgarde devint ermite », annonçait le titre inscrit par M. Taffin sur le cahier si soigneusement dérobé, le matin, à la vue de M. Lethois.
Tout à la joie de leur vie secrète, ceux-là du moins espéraient-ils ignorer les affres de demain ? Hélas ! qui eût scruté leur cœur s’y serait heurté de même à un trouble impérieux comme un présage :
— Serai-je aveugle avant de terminer ? se demandait M. Lethois.
— Pourquoi la lettre annoncée n’est-elle pas arrivée ? se répétait M. Taffin.