— Je n’y vois pas d’inconvénient.
— Mais alors, que venez-vous faire ici ?
L’inconnu s’inclina, légèrement railleur :
— Ici, Monsieur, vous me permettrez de vous dire que cela ne vous regarde pas. Au plaisir de vous revoir !
Et tournant vers la ruelle, il disparut dans l’ombre.
Puis un calme profond : la mystérieuse vie de la nuit, un instant troublée par cette présence humaine, a reparu ; de nouveau des souffles courent dans l’espace ; par bouffées les genêts épandent leur odeur sucrée ; tout près, une feuille se détache et tombe en tournoyant — M. Lethois n’entend plus rien. Les yeux sur la ruelle, il n’a plus qu’une pensée, expliquer cette chose inexplicable que le hasard lui livre : un inconnu, à pareille heure, allant chez Mlle Peyrolles !
Très vite, des hypothèses se succédèrent. Il imaginait les plus probables, les soupesait, et peu à peu un sourire singulier erra sur ses lèvres. Ce n’était pas qu’il crût à l’idée qui s’imposait à lui ; tout de même, il ne lui déplaisait pas que cela fût.
— Un amant !
M. Lethois hocha la tête. Après tout, l’âge mûr en tient pour la jeunesse ; celui-ci était jeune, il avait des manières, elle aurait pu choisir plus mal… Il répéta :
— Son amant !