Mlle Peyrolles haussa les épaules :

— Écoutez-moi d’abord : vous en jugerez après.

— Ah ! murmura-t-il, en être là !

Il s’effaça ensuite pour la laisser passer. On aurait pu croire que c’était par politesse. En réalité, au moment de rentrer pour la première fois, depuis qu’il savait, dans cet asile où sainte Letgarde avait régné, son cœur défaillait.

Une seconde, il se demanda : « Pourquoi ai-je voulu revenir, quand il était si aisé de rester ailleurs ? » puis entraîné par un magnétisme mystérieux, il franchit le seuil et tout de suite, oubliant Mlle Peyrolles, chercha des yeux la Sainte.

Il eut peine à retenir un geste d’effroi. Continuant de sourire au-dessus des géraniums fleuris, la statue le regardait.

— … Pas là ! s’écria-t-il, voyant que Mlle Peyrolles allait s’asseoir au pied de celle-ci.

Et il la ramena vers la table, s’installa lui-même, le dos à la statue. Au moins de cette manière il n’apercevait plus le regard, mais il continuait de le sentir. On eût dit qu’un être vivant s’appuyait sur son épaule, et il en éprouvait un tel malaise qu’il en aurait crié.

Mlle Peyrolles, cependant, au lieu de commencer, croisait ses mains sur sa robe noire et attendait. Tout à l’heure, elle avait obéi à une sorte d’instinct frénétique. En plein air, dans la grande lumière, elle n’avait pas hésité à traiter le prêtre comme un créancier, et volontiers l’aurait sommé de réviser l’arrêt porté sur Marc. Était-ce parce que les volets à demi fermés ne laissaient filtrer qu’un jour de sanctuaire, était-ce encore la présence du Christ au-dessus de la cheminée, ici elle n’osait plus et tremblait.

— Eh bien ? fit M. Taffin énervé par l’attente.