— Je me suis servi de noms supposés !

— Rassure-toi, je les garderai : simples masques pour sauvegarder un reste d’anonymat que j’ai percé.

— Cependant tu vivais à Paris, ailleurs encore, mais toujours loin de Semur. Si tu avais eu un ami dans ma ville, je l’aurais su !

— Même s’il était La Gilardière ?

Alors, ébranlé, Pierre Duclos se tourna vers moi :

— Que penser d’une telle rencontre ?

Je répondis, railleur, bien qu’à demi convaincu :

— Je pense que, faute de lumière, on ne pouvait tirer du cas Lormier des conclusions raisonnables. Tinant sans doute nous les apporte. Le hasard, qui semble toujours cruel, se montre aussi parfois, bien que plus rarement, assez avisé.

— Permettez, reprit Tinant, que je remonte d’abord le cours du temps. Je suis si étonné moi-même de me retrouver ce soir au milieu d’êtres dont l’aventure m’a intrigué jadis et dont l’un, au moins, m’était très cher !

— Hâte-toi, dit Pierre, car l’heure avance : et compte que je t’arrêterai, si je m’aperçois que tu as fait fausse route.