PARIS
E. DENTU, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES
PALAIS-ROYAL, 15-17-19, GALERIE D’ORLÉANS
——
1884
Droits de traduction et de reproduction réservés.


DÉDICACE

A MADAME VEUVE ÉDOUARD FOURNIER

Vous avez été, pendant plus de vingt-cinq ans, l’inspiratrice et pour ainsi dire la collaboratrice intime de tous les ouvrages de votre mari. C’était vous qu’il consultait avant de les entreprendre, c’était à votre jugement éclairé qu’il aimait à les soumettre avant de les livrer au public. C’étaient aussi vos encouragements qui lui donnaient confiance en son talent si varié et si original; c’était votre approbation qui lui garantissait celle du public: vous avez ainsi pris part à tous ses succès. Il est donc bien naturel que je vous offre, que je vous dédie, Madame, la dernière œuvre d’Édouard Fournier, cette Histoire des Enseignes de Paris, qui fut si longtemps un de ses projets favoris, qui s’est trouvée mêlée en quelque sorte à toutes ses études sur l’archéologie parisienne et qui, cependant, n’était pas encore achevée, quand une mort imprévue et prématurée est venue interrompre son œuvre favorite.

Ce fut moi, vous le savez, qui publiai en 1851 le premier ouvrage de ce laborieux et intelligent érudit, sa belle Histoire de l’Imprimerie et des Imprimeurs. Il n’est plus là aujourd’hui, pour écouter les conseils de mon amitié et de mon expérience. C’est sous l’empire de ce triste et pieux souvenir que j’ai consenti à surveiller, à diriger la publication d’un ouvrage posthume qui eût été peut-être son meilleur livre, s’il avait eu le temps de le compléter et de le terminer. Je puis dire que cette tâche délicate une fois acceptée, je l’ai remplie sous vos yeux, Madame, en regrettant sans cesse que l’auteur n’ait point assez vécu pour perfectionner son œuvre, pour l’achever lui-même.

Je souhaite que cette œuvre ne soit pas inférieure à ses autres ouvrages, si savants, si curieux, si intéressants et si justement estimés, car je suis heureux d’en laisser tout l’honneur à sa mémoire, en publiant l’Histoire des Enseignes de Paris sous vos auspices, Madame, et en inscrivant votre nom en tête du dernier ouvrage de votre cher et regretté mari.

1ᵉʳ mars 1884.

Paul LACROIX
Bibliophile JACOB.