«Au Prince de Condé, Bruno, doreur ordinaire des équipages et vennerie de Monseigneur le Duc, qui demeuroit cy devant rue des Prouvaires, près Saint-Eustache, demeure présentement rue des Mauvais-Garçons, faubourg Saint-Germain, au Prince de Condé. Paris, 1733.»

Nous avons, pour les années 1735 et 1737, un tabletier, un fondeur et deux quincailliers, avec de bien singulières enseignes[244]:

«Au Singe verd, rue des Arsis, proche Saint-Mery, Auxerre, tabletier, etc. 1735.»

Ce singe vert est représenté jouant seul au trictrac.

«A la Renommée des Trois Chandeliers, rue des Arcis, du côté de la rue de la Haute-Vannerie, La Vache, fondeur, etc., 1737.»

L’enseigne représente une Renommée, sonnant de la trompette, au milieu d’une quantité d’objets d’église et de luxe mondain, parmi lesquels sont trois chandeliers de différentes formes.

«Au Mulet chargé. La Mulle et Doublet, marchands, rue de la Monnoie, près le Pont-Neuf, vendent et achètent toutes sortes d’armes et de marchandises de clinquaillerie, etc. 1737.»

Le mulet chargé de l’enseigne rappelait au client que les deux marchands La Mulle et Doublet portaient une double charge dans leur commerce et demandaient un peu d’aide.

Mais les enseignes-adresses avaient produit de si heureux résultats pour les marchands qui y avaient recours, que chacun s’ingéniait à faire mieux que son voisin. Gersaint, qui avait eu la bonne fortune de recommander son magasin par une enseigne peinte de la main de Watteau, voulut avoir une adresse-enseigne dessinée et gravée par Boucher. Cette adresse est ainsi décrite par M. Louis Courajod: «Un Chinois ou un Japonais, la tête et les épaules couvertes d’une épaisse fourrure qu’il soulève, et tenant une pagode à la main, est assis sur un cabinet de vernis de la Chine. Il semble contempler au-dessous de lui divers objets disposés au pied d’une console, sur laquelle est posé le cabinet de la Chine. Ce sont les principaux meubles vendus par les marchands de curiosités, entre autres des tableaux, un coq de porcelaine, un miroir des Indes, des éventails, des manchettes, des rouleaux d’estampes, un cabaret, des coquillages, des pièces de minéralogie, une guitare, etc[245].» L’adresse est gravée au bas de l’estampe:

«A la Pagode, Gersaint, marchand jouailler, sur le pont Notre-Dame, vend toute sorte de clinquaillerie nouvelle et de goût, bijoux, glaces, tableaux de cabinet, pagodes, vernis et porcelaines du Japon, coquillages et autres morceaux d’histoire naturelle, cailloux, agathes et généralement toutes marchandises curieuses et étrangères, à Paris, 1740.»