«A la Gloire du Zéphire, rue Bourbon-Villeneuve, au coin de la rue Saint-Claude. Wenzel tient fabrique et magasin de fleurs. A Paris.»
Une femme à la mode a chez elle une collection d’éventails, et cette collection s’accroît tous les jours:
«A l’Éventail des Quatre-Saisons, à Paris, rue Greneta, Josse, l’aîné, tient fabrique d’éventails de toutes sortes de goûts et de prix, en gros et en détail, pour la France et les pays étrangers. Il se charge de faire traiter toutes sortes de sujets; il les raccommode, fournit les feuilles et les bois séparément, le tout à juste prix.»
Dans cette jolie enseigne-adresse, le cadre qui la contient est surmonté d’un éventail ouvert, et dans le bas, un paon déploie sa queue en éventail de plumes.
Une autre enseigne-adresse, renfermée dans son cadre couronné d’une guirlande de roses, est un tableau représentant le port de Dunkerque, sur lequel retombe à demi un rideau portant cette légende:
«Au Petit Dunkerque, quai de Conti, au coin de la rue Dauphine, Granchez tient le grand magasin curieux de marchandises françoises et étrangères, en tout ce que les arts produisent de plus nouveau, et vend, sans surfaire, en gros et en détail.»
Cette belle enseigne du Petit Dunkerque décorait la maison qui fait le coin du quai Conti et de la rue Dauphine; il y avait, en ce magasin, un amas d’objets d’art et de curiosité, venus des quatre points du monde, et tous les jours, de midi à cinq heures, la file de voitures de maîtres s’étendait au-delà du collège Mazarin[246]. Il en était de même dans vingt endroits de Paris, où des boutiques, bien connues par leurs enseignes, voyaient affluer les acheteurs et surtout les acheteuses. Mais la Révolution approche, précédée de trois ou quatre années de stériles agitations politiques, et quand aura sonné le tocsin de 89, les équipages cesseront de se croiser dans les rues, les boutiques les mieux achalandées seront tout à l’heure désertes, et bientôt les plus belles enseignes, qui faisaient l’orgueil des marchands, auront disparu, avec ces coquettes et gracieuses images que l’art du dessin et de la gravure se plaisait à reproduire avec tant de variétés sur les adresses de l’aristocratie du commerce parisien.
XXIII
LE JEU DES ENSEIGNES DE PARIS.
LES cartes du jeu de piquet et le tableau du jeu de l’oie ont été le point de départ d’une foule d’imitations plus ou moins ingénieuses, dans lesquelles on ne changeait rien à la marche du jeu primitif, en changeant seulement les figures. On ne peut donc s’étonner que les enseignes aient fourni matière à un nouveau jeu de l’oie et à un nouveau jeu de cartes.
Malheureusement, nous ne pouvons parler du jeu de l’oie des enseignes que d’après des souvenirs un peu confus qui datent de notre première jeunesse. Quant au jeu de cartes des enseignes de Paris, nous n’en possédons que quelques cartes, qui serviront du moins de spécimens pour constater l’existence de ce jeu, qui doit avoir été composé et mis en vente vers 1820, à l’époque où les enseignes étaient à l’apogée de leur gloire.