[408] Mercure histor. et polit., juillet 1688, p. 7-8.
[409] P. 24.
Quand Richelieu fut sur son lit de mort, «le curé lui demandant s'il ne pardonnoit point à ses ennemis, il répondit qu'il n'en avoit point que ceux de l'Estat». Le mot est vrai, et il dut le dire[410]. Or, c'est comme ennemi de l'État qu'il poursuivit Cinq-Mars et qu'il fit tomber sa tête. La lettre qu'il écrivit à la malheureuse marquise d'Effiat, qui le suppliait pour son fils, respire toute l'inflexibilité d'un homme qui parle, non pour lui, mais pour l'État offensé. Voici cette lettre, qui est inédite, ou peu s'en faut[411]:
[410] Mém. de Monglat, Collection Michaud, 3e série, t. V, p. 133;—Mém. de Montchal, 1718, in-8º, p. 268.
[411] Elle n'a été imprimée que dans la Revue des Deux-Mondes, 15 nov. 1834, p. 427.
«Si votre fils n'étoit coupable que de divers desseins qu'il a faits pour me perdre, je m'oublierois volontiers moy-même, pour l'assister selon votre désir: mais l'estant d'une infidélité inimaginable envers le Roy, et d'un parti qu'il a formé pour troubler la prospérité de son règne, en faveur des ennemis de cet Estat, je ne puis en façon quelconque me mesler de ses affaires, selon la prière que vous me faites. Je supplie Dieu qu'il vous console.»
XLI
On met souvent sur le compte de Richelieu cette parole patibulaire: «Qu'on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j'y trouverai de quoi le faire pendre.» Si quelqu'un a dit cela pendant ce règne, c'est Laubardemont certainement, ou bien encore Laffémas[412].