[615] «Lorsqu'un de ses amis, dit M. Mignet, lui demanda plus tard ce qu'il avait fait pendant la Terreur: «Ce que j'ai fait, lui répondit M. Sieyès, j'ai vécu.» Il avait, en effet, résolu le problème le plus difficile de ce temps, celui de ne pas périr.» (Notices historiques, in-8º, t. Ier, p. 81.)—Le mot arrière-pensée est, a-t-on dit (Magasin pittor., t. VIII, p. 87), un néologisme de l'abbé Sieyès. La chose était si bien dans son caractère qu'on a cru que lui seul pouvait avoir créé le mot; erreur encore; il se trouve déjà dans ce vers très vrai du Dissipateur de Destouches (acte V, sc. IX):

Les femmes ont toujours quelque arrière-pensée.

Le mot de Favras, disant au greffier, après avoir lu son arrêt de mort: Vous avez fait, Monsieur, trois fautes d'orthographe, passe pour très vrai. Mais c'est probablement ce qui importa le moins à M. V. Hugo lorsqu'il en fit un vers de sa Marion Delorme[616]. Pour qu'il le trouvât digne d'être mis dans la bouche de Saverny allant au supplice, il lui suffit que ce fût un mot d'un héroïsme à effet. Nous trouvons, mise en alexandrins, dans la même pièce[617], la phrase sur la soutane rouge de Richelieu, dont nous avons déjà prouvé le mensonge[618].

[616] Acte V, sc. VII.

[617] Acte II, sc. I.

[618] V. plus haut, p. 256.

Cette boutade spirituelle de Saverny[619]:

[619] Acte III, sc. VII.

Donc vous me succédez..... un peu, sur ma parole,

Comme le roi Louis succède à Pharamond,