[258] Hist. de Chambord, par M. De la Saussaye, p. 52.


XXIII

Que de choses dans l'histoire de François Ier, surtout dans la partie galante, que de choses à ramener aussi de la vérité arrangée à la vérité réelle, ou, plus souvent encore, du faux et de l'absurde au raisonnable et au vrai!

Ainsi le dernier épisode de ses amours avec Mme de Chateaubriand, qu'un mari en réalité fort brave homme, d'accommodante humeur, et qui pleura bien sa femme[259], mais transformé en Barbe-Bleue farouche par Varillas[260], Lesconvel, Mme de Muralt[261] et mille autres, pour les besoins de leurs romans, aurait, disent ces inventeurs, ensanglanté de la plus barbare manière, et avec un raffinement de vengeance presque égal à celui dont le châtelain de Coucy et la dame de Fayel passaient pour avoir été victimes[262].

[259] V. un article excellent de M. J. Niel, dans l'Artiste du 1er novembre 1851, p. 97-100, et un chapitre non moins convaincant du bibliophile Jacob, dans ses Curiosités de l'Histoire de France, 2e série, 1858, in-12, p. 147-153.

[260] Hist. de François Ier, liv. IV.

[261] Les Effets de la jalousie, roman par Mme de Muralt.—C'est de Varillas qu'est venu tout le mal, tout le mensonge. Il lui a valu cette vigoureuse sortie du P. Griffet, qui, venant de parler du P. Maimbourg, ajoute: «Varillas, qui est encore plus décrié que lui, ment avec plus de sang-froid. Il osoit citer des manuscrits et des pièces originales qui n'avoient jamais existé; il imaginoit des aventures tragiques dont personne n'avoit jamais entendu parler; entre autres, celle de la comtesse de Chateaubriand, dont la fausseté a été démontrée par des documents authentiques.» (Traité des différentes sortes de preuves qui servent à établir la vérité de l'histoire, 1770, in-8º, p. 14.)

[262] Dès le temps de Legrand d'Aussy, l'on n'était plus dupe de la fausseté de cette légende. V. ses Fabliaux des XIIe et XIIIe siècles, édit. de 1779, t. III, p. 280, note, et t. IV, p. 174.