«Du courage! lui dit l'écureuil, tout en cassant une noisette, joue de la zampogne.

—Je n'en ai jamais joué, répondit la fille de Cecco.

—Raison de plus, dit l'écureuil; tant qu'on n'a pas essayé d'une chose, on ne sait pas ce qu'on peut faire. Souffle toujours.»

Violette se mit à souffler de toutes ses forces, en remuant les doigts et en chantant dans l'instrument. Voici la zampogne qui se gonfle et qui joue une tarentelle à faire danser les morts. A ce bruit, l'écureuil saute à terre, la souris ne reste pas en arrière; les voilà qui dansent et sautent comme de vrais Napolitains, tandis que l'abeille tourne autour d'eux en bourdonnant. C'était un spectacle à payer sa place un carlin, et sans regret.

[Illustration]

Au bruit de cette agréable musique, on vit bientôt s'ouvrir les noirs volets du château. La dame des Écus-Sonnants avait auprès d'elle ses filles d'honneur, qui n'étaient pas fâchées de regarder de temps en temps si les mouches volaient toujours de la même façon. On a beau n'être pas curieuse, ce n'est pas tous les jours qu'on entend une tarentelle jouée par un pâtre aussi joli que Violette.

«Petit, disait l'une, viens par ici!

—Berger, criait l'autre, viens de mon côté!

Et toutes de lui envoyer des sourires, mais la porte restait fermée.

«Damoiselles, dit Violette en ôtant son chapeau, soyez aussi bonnes que vous êtes belles: la nuit m'a surpris dans la montagne; je n'ai ni gîte ni souper. Un coin dans l'écurie et un morceau de pain; mes petits danseurs vous amuseront toute la soirée.