XII
LA MORALE
«Voilà l'histoire de Perlino, qui en vaut bien une autre, me dit en se levant ma grosse hôtesse, tout émue des aventures qu'elle venait de conter.
—Et la dame des Écus-Sonnants, m'écriai-je, qu'est-elle devenue?
—Qui le sait, répondit Palomba. Qu'elle ait pleuré ou qu'elle se soit arrachée un côté de cheveux, qui s'en soucie? La fourberie finit toujours par se prendre à son propre piège: c'est bien fait. La farine du diable s'en va toute en son, tant pis pour qui sert le diable, tant mieux pour les honnêtes gens!
—Et la morale?
—Quelle morale? dit Palomba, en me regardant d'un air surpris. Si Votre Excellence veut de la morale, il est deux heures; il y a un Père capucin qui prêche aux vêpres et vous voyez d'ici la cathédrale.
—C'est la morale du conte que je vous demande.
—Seigneur, me dit-elle en appuyant sur les finales, la soupe est servie, le poulet frit, le macaroni cuit. N I ni, mon histoire est finie. On berce les enfants avec des chansons et les hommes avec des contes: que voulez-vous de plus?»
Je me mis à table, mais je n'étais pas satisfait. Tout en ébréchant mon couteau sur un blanc de poulet, je dis à mon hôtesse: