BAGUE (courir la), V, 340. «Nous étions accoutumés à courir la bague.»—Aller très vite.

Furetière décrit la bague: «Un exercice de manège que font les gentilshommes pour montrer leur adresse, lorsque, avec une lance et en courant à toute bride, ils emportent une bague suspendue au milieu de la carrière, à une potence.»

BAIN (à la Sénèque), V, 326. «Je me suis baignée à la Sénèque

Bain extrêmement chaud dont parle Sénèque (Epit. 86), ou allusion à la mort de Sénèque, dans une étuve brûlante.

BAISE-MAINS, VIII, 3. «Elle vous fait mille baise-mains

Recommandations et civilités offertes à quelqu'un. Ce mot était employé même par les femmes. Madame de Maintenon (Lettres de Boileau), chargeait l'auteur des Satires de faire ses baise-mains à Racine. «On écrivait autrefois aux dames, dit Ménage: je vous baise les mains et suis, etc. On ne souffrirait pas cela maintenant. Malherbe écrivait à une femme qu'il aimait: Je vous baise les pieds.»

BALLOTTER, VIII, 454. «Je ballotte.»—Je pelote en attendant partie.

Ménage dit que c'est une métaphore prise du jeu de la paume, où l'on renvoie, à coups de raquette, la balle de tous les côtés.

Ballotter, selon Furetière, se dit quand des joueurs de paume ne font que renvoyer la balle l'un à l'autre et ne jouent point partie.

BAPTISER (difficile à), IX, 592. «Je n'ai jamais vu un enfant si difficile à baptiser.»—Madame de Sévigné parle ici des nouvelles bulles annoncées et retardées.