J'acceptai cet arrangement d'un air si joyeux et si satisfait, que Joseph me prit sans doute pour un imbécile.

Il tira maladroitement et me donna le fusil en ayant l'espoir d'une heureuse revanche à sa seconde tentative.

En saisissant l'arme, je me jetai à quelques pas de Joseph; je visai froidement, non pas mon chapeau, mais celui qui était sur sa tête, en lui disant:

—Chapeau pour chapeau!

Je tirai la détente.

Mon mouvement fut si rapide et si imprévu, que le jeune garçon ne trouva la force de crier qu'à l'instant où je m'aperçus que le fusil était sans amorce.

—Ne tire pas! hurla-t-il d'une voix perçante, tu me brûlerais la cervelle.

—C'est mon intention, répondis-je d'un ton glacial, et je rechargeai l'arme.

Le coquin s'enfuit en courant, et il essayait de franchir un mur, lorsque, rapidement arrivé jusqu'à lui, je fis feu...

Joseph tomba.