Pour adoucir la peine qu'il m'avait faite, de Ruyter ajouta:

—Je ne blâme pas positivement l'amour que vous avez pour Zéla: elle est votre femme, et, de plus, digne d'être aimée; mais je blâme une affection exclusive qui vous fait perdre votre temps et vos talents, et ils peuvent l'un et l'autre être utilement employés.

Quand de Ruyter eut épuisé un sujet de conversation auquel mon silence donnait des limites restreintes, il essaya de réveiller en moi l'intérêt que j'avais autrefois pour mes devoirs particuliers.

Je répondis peu à ses bienveillantes paroles, et, pour éviter une plus longue discussion, je donnai un coup de cravache à mon cheval, et je laissai de Ruyter causer avec Aston.

En galopant vers la hauteur sur laquelle était située la maison, je fus très-surpris de voir que les fenêtres et les jalousies de la salle du milieu étaient hermétiquement fermées. La soirée était fraîche, le soleil avait disparu derrière les collines; à l'ouest, une douce brise venant de la mer faisait bruire les arbres et demandait l'ouverture de toutes les croisées. Un malheur devait être arrivé, pour que la préoccupation empêchât de prendre le soin habituel de changer l'air des appartements. Comme Zéla occupait entièrement mes pensées, malgré la censure que de Ruyter venait de me faire sur l'amour, je sautai à bas de mon cheval, je brisai une jalousie, et je tombai dans la salle.

La soudaine transition de la lumière à une complète obscurité m'empêcha de distinguer les objets.

—Qui est là? criai-je vivement.

—Fermez la fenêtre, me répondit une voix, fermez la fenêtre; elle se sauvera; fermez vite.

En avançant, je fis un faux pas et je tombai dans le bassin.

La voix vociférait toujours: