C'étaient les officiers du saint-office.
—Restez, lui dit une voix sinistre, restez, Rodrigues Calderon, marquis de Siete-Iglesias; au nom de la très-sainte inquisition, je vous arrête!
—Aliaga! s'écria Calderon, qui recula saisi d'horreur.
—Silence! dit le jésuite.—Officiers, emmenez votre prisonnier.
—Adieu, bon vieillard, dit Calderon en se retournant vers le duc, ta vie est sauve au moins. Quant à moi, je défie la destinée! Emmenez-moi.
L'infant d'Espagne fut bientôt remis de l'émotion que la mort de Margarita lui avait causée. De nouveaux plaisirs lui firent tout oublier; il n'eut pas même de remords.
Il se montra en public peu de jours après l'arrestation de Calderon, et crut devoir intercéder le roi en faveur de son ancien favori; mais, quand bien même l'inquisition eût consenti à lâcher sa proie, et Uzeda à oublier ses ressentiments, la joie du peuple fut si grande lorsqu'il apprit la chute du redoutable secrétaire, qu'il eût fallu un monarque plus hardi que Philippe III pour braver ces clameurs et sauver le ministre déchu.
Un jour, un officier qui attendait le lever du prince, dont il était un des favoris, lui présenta une pétition afin d'obtenir de Son Altesse royale un grade vacant dans l'armée.
—Et quel est donc, demanda l'infant, celui qui s'est fait tuer si à propos pour que tu obtiennes une promotion?
—C'est don Martin Fonseca, monseigneur.