—Père respecté! s'écria Floris.
—Père respecté... oui, mon frère... Père respecté de Tatiana... Et plus vous l'outragez devant moi, plus je voudrais pouvoir lui témoigner de respect.
—Tatiana, dit-il, ne me poussez pas à bout!... Vous savez bien que vous avez mal agi. Vous le savez si bien qu'en tout ceci, vous vous êtes cachée de moi, sans oser me dire rien en face.
—J'ai voulu éviter, répondit-elle, non vos reproches, mais vos prières. Quant à l'action que j'ai faite, elle est bonne et juste, vous le savez.
—Allons, plus un mot! c'est assez!
—Comment, assez! reprit Tatiana. Que voulez-vous dire, mon frère? Suis-je un enfant qui s'épouvante, parce que l'on grossit la voix? Vais-je vous donner raison, quand vous avez tort?
—Ah! par le ciel, ne me harcelez pas! Taisez-vous!
—Je ne me tairai pas, dit-elle; votre colère ne m'effraye point... Allez quereller votre Sander, froncez le sourcil contre lui, et lâchez quelques malédictions! Est-ce à moi de m'en mettre en peine?... N'ai-je pas le droit de parler haut? Ne suis-je pas le sang du Grand-Duc, comme vous?... Sur ma foi! vous supporterez tout ce que j'ai à vous dire, mon frère, car, de ce jour, je ne me contraindrai plus, comme je l'ai fait jusqu'à présent. Je vous dirai librement mon avis sur toutes vos actions, sachez-le!
—O Dieu! ô Dieu! exclama Floris. Mais c'est ma faute... Pourquoi vous ai-je fait part de ma résolution? Stupide que j'étais! quel besoin avais-je de vos conseils?
—Ils auraient pu vous épargner, répliqua-t-elle, une action indigne de vous.