—Chez Giano!... Comment, comment, comment!... Est-ce que cet homme écrit à la princesse?
—Messer Giano... Non, Monseigneur.
—Je ne comprends pas la conduite de votre maîtresse, Rina... Écrire à ce bâtard insolent!... Que peut contenir ce coffret?
—Je ne sais, Monseigneur... Ah! Sa Grâce voulait aussi vous prévenir que les chiens du seigneur comte Angiulliero sont arrivés.
—Au fait, elle lui donne peut-être des instructions pour quelque mascarade, ou bien c'est un de ses bijoux qu'elle lui envoie à réparer... Pourquoi écrit-elle à ce fou? N'aurait-elle pas pu te charger de lui dire de vive voix?... Donne-moi ce coffret, Rina.
—Monseigneur...
—Que crains-tu? Donne-moi ce coffret, te dis-je!
Il le prit, et d'un doigt frémissant toucha le ressort qui fermait la boîte. Elle s'ouvrit. Sur le capitonnage vert clair, étincelait une bague ancienne, de deux serpents d'or émaillé. Un billet, mais à cachet volant, y était joint. Floris le lut d'un regard:
«Hier au soir, mio caro, quelque chose vous est tombé dans l'œil, et la marquise Angelelli, désolée de voir pleurer cet œil, la bonne âme! a voulu vous prêter son anneau, disant le remède souverain. Comme je ne saurais souffrir qu'une autre que moi soigne et guérisse mon bouffon, je vous envoie cette bague-ci. C'est un anneau de fiançailles vénitien et du seizième siècle. Portez-le pour l'amour de moi.»