—O cher Floris, dit Isabelle, partagez avec moi votre chagrin. Mon cœur souffre de vous savoir seul en cette épreuve.

—Du chagrin! ricana-t-il... Moi, du chagrin! Pourquoi en aurais-je?... Parce que mon père est mort?... Ha, ha!... Avez-vous oublié comme il m'a traité?... Retirez-vous dans votre chambre. Allez, allez! Quel tracas! quel tracas!... Toujours des plaintes et des reproches!

—Oh! répondit-elle, mon bon seigneur, je n'ai pas mérité ceci!... Des reproches, jamais je ne vous en ai fait, même dans le secret de mon cœur... Je vous en supplie, cher Floris, dites-moi la cause de votre colère.

—La cause, répliqua le Grand-Duc, c'est vous, la cause, vous, oui, vous!

—Hélas! Monseigneur, ne m'effrayez pas! dit Isabelle... Vous savez que je suis souffrante en ce moment.

—Jamais une heure de répit! exclama Floris, d'une voix stridente. Toujours quelque affliction, quelque torture nouvelle! Mieux vaudrait être avec le mort que l'on va emporter d'ici, que de subir ce perpétuel tourment... Ah! pleurez, si cela vous amuse. Toutes vos pareilles ont dans les yeux des rivières qu'elles prodiguent... Puis, allez vous plaindre de moi à vos servantes et à ma sœur Tatiana!

—Non, non, jamais, mon cher seigneur.

—Allons, répétez cela! s'écria-t-il. Jurez-le bien, pour que je sache à quel point vous pouvez mentir!

—Mentir!... Moi, mentir, Monseigneur!