Infini, il met à tout un terme: sans commencement, il donne le commencement à tout. L'Univers palpite sous le Temps, ainsi qu'un oiseau pris dans un filet.


Car le Temps, ô Dieu, c'est toi-même! Tu résides à la fois tout entier au dedans des êtres, sous la forme de l'Esprit, et en dehors, sous celle du Temps.


Adoration à toi, Seigneur, suprême Lumière étendue partout, au sein de laquelle apparaît le monde, et qui brille au sein de tous les mondes! A toi, Splendeur inaltérable, que nous ne comprenons pas plus qu'il n'est donné à un enfant d'enserrer le soleil dans sa main!


Adoration, adoration à l'Être unique, élevé au-dessus de tous les contrastes et de toutes les ressemblances! A celui qu'on ne peut désigner par aucun terme impliquant un contraire! A celui que nos balbutiements sont impuissants à louanger!


Nous l'appelons grand, mais en vain. Il ignore la quantité. Nous l'appelons bon, mais en vain. Il ignore la qualité. Nous l'appelons la Vérité. Mais l'antithèse de la vérité et de l'erreur n'existe pas pour l'Être infini.