—Est-ce toi, mon cher enfant? dit-elle.

Il répondit:

—Je vous cherchais, ma mère. Mais venez, remontez au palais... Ces longues prières vous brisent. Cet air glacé peut vous être funeste.

Maria-Pia se leva. Toute droite dans sa robe violette, fourrée d'agneau blanc, elle tenait ses mains croisées, selon la coutume portugaise, sur une pomme de vermeil renfermant des cendres tièdes, et ses yeux noirs et comme polis par les larmes s'attachaient sur Floris, passionnément.

—Que tu es beau! exclama cette mère, qui saisit la main de son fils et la baisa avec emportement... Mon Floris... mon cher retrouvé!... Hélas! je t'aime sans mesure, et j'ai peur, quelquefois, que le Dieu jaloux ne m'en punisse!... Mais la très sainte Vierge est mère, et elle daignera m'excuser auprès de son glorieux fils!

Des sons mystérieux, des musiques d'orgue flottèrent. Puis, un chant lointain s'éleva, un chant suave qui montait dans la nuit, tel qu'un filet d'encens fumant sur une terrasse solitaire. Ce chant perçait les murs épais; des voix de femmes, en chœur, le reprirent: et l'hymne arrivait, pacifique et plein de terreur cependant, comme doit être l'Hosanna des anges, derrière les portes de diamant du paradis.

—Les saintes filles du couvent chantent l'office du soir, dit Maria-Pia, en se signant. Ta fiancée est avec elles et prie pour toi... Je te bénis, mon cher enfant. Puisse le Seigneur verser sur toi toutes ses grâces! Tu m'as donné, avant ma mort, la joie ineffable de t'unir à celle que j'ai élevée, l'âme la plus angélique, la créature la plus rare que la nature ait jamais formée.

Il soupira:

—Hélas! hélas! hélas!