Elles arrivèrent ainsi aux prie-Dieu, disposés autour du chœur. Isabelle, toujours voilée, se plaça à côté de Floris.

Un frisson glacé courut par tous les membres du Grand-Duc: ses genoux se dérobaient sous lui; il défaillait. Cependant, Maria-Pia, en s'avançant, prit Isabelle par la main. Puis, avec une majesté douce:

—Cher fils, dit-elle, reçois ta fiancée. Et vous, ma fille, recevez l'époux que le Seigneur vous donne. Soyez unis par un amour constant, et puisse-t-il croître avec les années!

Un silence extrême annonçait l'attention, le recueillement, ou la curiosité de tous. La Grande-Duchesse reprit:

—Oui, je sais, tu redoutes ces noces; ton âme ne t'appartient plus... N'aie point de crainte, cher fils. Tu la refuseras s'il le faut, mais tout d'abord, vois s'il le faut. Ose tendre la main, cher enfant. Donne-moi la tienne, Isabelle... Et maintenant, il ne reste plus qu'à montrer sa femme à Floris.

Alors, comme rendant le dépôt précieux qu'elle avait reçu, la Prieure enleva le grand voile qui cachait les traits d'Isabelle; et Maria-Pia dit, en souriant:

—Regarde-la, cher fils, et vois si elle ne ressemble pas à celle que tu aperçus, un soir de Noël, à Rugen... Cesse de te désespérer, et sois heureux!

Il se détourna lentement, béant, presque terrifié; et le fils de Maria-Pia vit enfin celle qu'il épousait.

Mais déjà l'aumônier de José-Maria, le petit abbé Lancelot-le-Moine, avait fait un signe. Les orgues chantèrent l'Introït, et le cri de joie de Floris se perdit dans leur tonnerre.