VÉRITÉ DU CHRISTIANISME PAR LA MAGIE.
SOMMAIRE.--Comment la magie rend témoignage de la vérité du christianisme.--L'esprit de charité, la raison et la foi.--Vanité et ridicule des objections.--Pourquoi l'autorité du sacerdoce chrétien a dû condamner la magie.--Simon le Magicien.
La magie, étant la science de l'équilibre universel et ayant pour principe absolu la vérité-réalité-raison de l'être, rend compte de toutes les antinomies, et concilie toutes les réalités opposées entre elles par ce principe générateur de toutes les synthèses: L'harmonie résulte de l'analogie des contraires.
Pour l'initié à cette science, la religion ne saurait être mise en question, puisqu'elle existe: on ne conteste pas ce qui est.
L'ÊTRE EST L'ÊTRE, תיתא ךעא תיתא.
L'opposition apparente de la religion à la raison fait la force de l'une et de l'autre, en les établissant dans leur domaine distinct et séparé et en fécondant le côté négatif de chacune par le côté affirmatif de l'autre: c'est, comme nous venons de le dire, l'harmonie par l'analogie des contraires. Ce qui a causé toutes les erreurs et toutes les confusions religieuses, c'est que par suite de l'ignorance de cette grande loi, on a voulu faire de la religion une philosophie et de la philosophie une religion; on a voulu soumettre les choses de la foi aux procédés de la science, chose aussi ridicule que de soumettre la science aux obéissances aveugles de la foi: il n'appartient pas plus à un théologien d'affirmer une absurdité mathématique ou de nier la démonstration d'un théorème, qu'à an savant d'ergoter, au nom de la science, pour ou contre les mystères du dogme.
Demandez à l'Académie des sciences s'il est mathématiquement vrai qu'il y a trois personnes en Dieu, et s'il peut être constaté par le moyen des sciences que Marie, mère de Dieu, a été conçue sans péché? L'Académie des sciences se récusera, et elle aura raison: les savants n'ont rien à voir là-dedans, cela est du domaine de la foi.
On ne discute pas un article de foi, on le croit ou on ne le croit pas; mais il est de foi précisément parce qu'il échappe à l'examen de la science.
Quand le comte de Maistre assure qu'on parlera un jour avec étonnement de notre stupidité actuelle, il fait allusion sans doute à ces prétendus esprits forts qui viennent tous les jours vous dire:
Je croirai quand la vérité du dogme me sera scientifiquement prouvée.