Joug du ciel je te lève! à moi, saintes cohortes:
Voici le roi de gloire! il a conquis son nom;
Il porte dans sa main le sceau de Salomon.
Le maître a de Satan brisé le noir servage,
Et captif à sa suite il traîne l'esclavage.
Le Seigneur seul est Dieu, le Seigneur seul est roi!
Seigneur, gloire à toi seul, gloire à toi! gloire à toi!
Ne croirait-on pas entendre les sombres puritains de Walter Scott ou de Victor Hugo, accompagner de leur psalmodie fanatique l'oeuvre sans nom des sorcières de Faust ou de Macbeth!
Dans une conjuration adressée à l'ombre du géant Nemrod, ce chasseur sauvage qui fit commencer la tour de Babel, l'adepte d'Honorius menace cet antique réprouvé de resserrer ses chaînes et de le tourmenter de plus en plus chaque jour s'il n'obéit pas immédiatement à sa volonté.
N'est-ce pas le sublime de l'orgueil en délire, et cet antipape, qui ne comprenait un grand prêtre que comme un souverain des enfers, ne semble-t-il pas aspirer, comme à une vengeance du mépris et de la réprobation des vivants, au droit usurpé et funeste de tourmenter éternellement les morts!