Les hommes sont aimantés comme les mondes, ils rayonnent leur lumière spéciale comme les soleils.
Les uns sont plus absorbants, les autres irradient plus volontiers.
Personne n'est isolé dans le monde, tout homme est une fatalité ou une providence.
Auguste et Cinna se rencontrent: tous deux sont orgueilleux et implacables, voilà la fatalité.
Cinna veut fatalement et librement tuer Auguste, Auguste est entraîné fatalement à le punir, il veut lui pardonner et librement il lui pardonne. Ici la fatalité se change en providence, et le siècle d'Auguste inauguré par cette bonté sublime devient digne de voir naître celui qui dira: Pardonnez à vos ennemis! Auguste, en faisant grâce à Cinna, a expié toutes les vengeances d'Octave.
Tant que l'homme est asservi aux exigences de la fatalité, c'est un profane, c'est-à-dire un homme qu'il faut repousser loin du sanctuaire de la science.
La science, en effet, serait entre ses mains un instrument terrible de destruction.
L'homme libre au contraire, c'est-à-dire celui qui domine par l'intelligence les instincts aveugles de la vie, celui-là est essentiellement conservateur et réparateur, car la nature est le domaine de sa puissance, le temple de son immortalité.
Quand le profane voudrait bien faire, il ferait mal.
L'initié libre ne peut pas vouloir mal faire; s'il frappe, c'est pour châtier et pour guérir.