Malheur à l'homme qui ne sait pas et qui ne veut pas souffrir! car il sera écrasé de douleurs.

Ceux qui ne veulent pas marcher, la nature les traîne impitoyablement.

Nous sommes jetés dans la vie comme en pleine mer: il faut nager ou périr.

Telles sont les lois de la nature enseignées par la haute magie. Voyez maintenant si l'on peut devenir magicien pour jouir toujours et ne souffrir jamais!

Mais alors, diront d'un air désappointé les gens du monde, à quoi peut servir la magie?--Que pensez-vous que le prophète Balaam eût pu répondre à son ânesse si elle lui avait demandé à quoi peut servir l'intelligence?

Que répondrait Hercule à un pygmée qui lui demanderait à quoi peut servir la force?

Nous ne comparons certes pas les gens du monde à des pygmées, et encore moins à l'ânesse de Balaam; ce serait manquer de politesse et de bon goût. Nous répondrons donc le plus gracieusement possible à ces personnes si brillantes et si aimables, que la magie ne peut leur servir absolument de rien, attendu qu'elles ne s'en occuperont jamais sérieusement.

Notre ouvrage s'adresse aux âmes qui travaillent et qui pensent. Elles y trouveront l'explication de ce qui est resté obscur dans le dogme et dans le rituel de la haute magie [1]. Nous avons, à l'exemple des grands maîtres, suivi dans le plan et la division de nos livres l'ordre rationnel des nombres sacrés. Nous divisons notre histoire de la magie en sept livres, et chaque livre contient sept chapitres.

Note 1:[ (retour) ] Éliphas Lévi, Dogme et Rituel de la haute magie, 1856, 2 vol. in-8, avec 23 fig.--25 fr.