—J'y consens, lui répondit-il.
En même temps, Paul, s'approchant de cette pauvre femme, lui demanda dans quel endroit de la ville les passants qui n'avaient point d'argent pouvaient être reçus pour une nuit seulement.
—Je voudrais, leur répondit-elle, qu'il me fût permis de vous retirer, je le ferais de bon coeur, parce que vous paraissez de bonnes gens; je suis veuve, et cela ferait causer. Cependant si vous voulez bien attendre, et avoir un peu de patience; dans mon voisinage et près de ma petite chaumière, qui est au bout de la ville, nous avons un pauvre bon homme nommé Misère, qui a une petite maison tout auprès de moi, et qui pourra bien vous donner un gîte pour ce soir.
—Volontiers, répondit Paul; allez faire à votre aise vos affaires, nous vous attendons ici. La bonne femme étant entrée chez M. Richard, et ayant remis son linge dans le grenier, revint trouver nos deux voyageurs qui exerçaient toute leur vertu pour ne pas s'impatienter.
—Suivez-moi, dit-elle, et marchons un peu vite, car il y a un bon bout de chemin à faire; il fera assurément nuit avant que nous soyons à la maison.
Ils arrivèrent enfin, et cette charitable femme ayant heurté à la porte de son voisin, ils furent très-longtemps à attendre qu'elle fût ouverte, parce que le bonhomme était déjà couché, quoiqu'il ne fût pas au plus six heures et demie. Il se leva à la voix de sa voisine, et lui demanda fort obligeamment ce qu'il y avait pour son service?
—Vous me ferez plaisir, lui répondit-elle, de donner à coucher à deux pauvres gens qui ne savent de quel côté donner de la tête.
—Où sont-ils? lui demanda le bonhomme en se levant promptement.
—A votre porte, répondit-elle.
—A la bonne heure, lui dit-il, allumez-moi seulement un peu ma lampe, je vous en prie.