—Maître François Rabelais vient de nous jouer un tour de sa façon en nous servant ce beau ménétrier, dit une dame en pinçant les lèvres.

—Oh! pour cela, dit un autre à qui Marjolaine venait de parler à l'oreille, il faut s'attendre à tout de la part d'un homme qui, étant jeune, prenait la place de saint François et improvisait des mariages miraculeux.

—Madame, dit le roi, vous n'êtes pas clémente envers notre cher docteur
Rabelais. Les indulgences du saint-siége ont effacé toutes ses folies
de jeunesse. Ne parlons donc plus, s'il vous plaît, des scandales de la
Basmette et du mariage de frère Lubin.

—Guilain tressaillit à ce nom et se sentit prêt à se trouver mal. Il trouva cependant la force de dire, en s'adressant au roi:

—Sire, puisque Votre Majesté a entendu parler de frère Lubin, oserais-je la supplier de me dire ce qu'elle pense de son mariage?

—Je pense qu'une comédie sacrilége n'est pas un mariage, dit le roi.

Les couleurs revinrent rapidement sur le visage du ménétrier. Un éclair de joie brilla dans ses yeux. C'étaient les couleurs et la joie de la fièvre…

—Marjolaine, cria-t-il en s'adressant à son ennemie confondue, adieu pour jamais, nous sommes libres. J'aurai le droit désormais d'aimer quelque chose de mieux que les crapauds.

Puis saluant le roi, il reprit son violon et sortit comme un fou sans que personne songeât à lui disputer le passage.

VII