—Venez à l'église, reprenait l'impitoyable maître des novices; l'office ne fait que commencer; j'ai remarqué votre absence, et je vous cherchais.

—Mais, mais, mon père…

—Allons, point de réplique. Vous dînerez aujourd'hui à genoux au milieu du réfectoire.

—Mais, je ne réplique pas, mon père, je voulais vous observer seulement que j'ai laissé notre bréviaire…

—Chez le père prieur? allez le prendre et ne faites pas de bruit.

—Non, chez le frère médecin.

—Chez le frère médecin? et qu'alliez-vous encore y faire? Je vous ai défendu d'entrer dans la cellule de maître François; je vous défends maintenant de lui parler! ce n'est pas une société convenable pour des novices. L'étude de la médecine entraîne une foule de connaissances contraires à notre saint état… Et puis… enfin, je vous le défends; est-ce entendu?

Le novice tournait le dos et faisait la moue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

En ce moment un bruit de pas lents et graves mesura les escaliers et la longueur du corridor: un moine de haute taille, ayant de grands traits réguliers, une bouche fine et spirituelle, entourée d'une barbe blonde qui se frisait en fils d'or, des yeux pensifs et malicieux, s'approcha de la porte du prieur: la figure boudeuse du frère Lubin s'épanouit en le voyant, et il lui fit un joyeux signe de tête, tout en mettant un doigt sur sa bouche, comme pour faire comprendre au nouveau venu qu'ils ne devaient pas se parler.

C'était le frère médecin.