—En baralipton?
—Non.
—Sera-ce un argument cornu?
—Je ne suis point marié et vous ne l'êtes point, que je sache, pourtant mon argument cornu sera-t-il si vous voulez: cornu comme Silène et le bon père Bacchus, cornu à la manière du pauvre diable dont Horace parle en disant, à propos du père Liber (c'était le père général des cordeliers du paganisme): Addis cornua pauperi. Ceci n'est pas matière de bréviaire.
—Ergo, ceci n'est point propos de moine.
—Distinguo, en tant que science, concedo; en tant que buverie, nego.
—Buverie, soit; mais comment prouvez-vous que l'ivrogne est celui qui ne sait pas boire?
—Patience! bon père, j'y étais, et vous allez tantôt en connaître le tu autem. Mais, d'abord, dites-moi, si bon vous semble, à quels signes vous reconnaissez un ivrogne?
—Par saint François! la chose est facile à connaître. L'ivrogne est celui qui est habituellement ivre, flageolant des jambes, dessinant la route en zigzag, coudoyant les murailles, trimballant et dodelinant de la tête, grasseyant de la langue; et toujours ce maudit hoquet… et puis n'écoutez pas, monsieur rêve tout haut: emportez la chandelle, il se couche tout habillé, et honni soit qui mal y pense! C'est affaire à sa ménagère si son matelas crotte tant soit peu ses habits.
—A merveille, père prieur! vous le dessinez de main de maître. Mais d'où lui viennent, je vous prie, tous ces trimballements, tous ces bégayements, tous ces étourdissements, toutes ces chutes?