Ses liturgies honorent des couleurs triomphales, l’or, le blanc et le rouge ; quant au noir, elle le met à la portion congrue. Les oraisons des rites[114], les litanies de la Bienheureuse Vierge et des Saints détiennent des trésors de magnificences. Nulle exaltation n’est comparable à la liesse d’une foule croyante, pressée dans une cathédrale, entonnant le Credo, le Te Deum, le Magnificat. C’est pour les sens et pour tout l’être, la synthèse des ivresses, la communion dans la plénitude.
[114] Dans l’ordination des diacres, le Pontife, en les revêtant de la dalmatique, dit à chacun : Induat te Dominus vestimento laetitiae.
A cette jubilation extérieure correspond la paix des volontés. Maintes fois je me suis dit que, même si tous les bonheurs terrestres m’étaient refusés, personne ne me dépouillerait de cette allégresse : le Verbe s’est fait chair et il habite parmi nous. La communion matinale illumine les plus grises, les plus douloureuses journées d’un chrétien. L’Évangile est par essence un message de joie.
Aussi les écrivains qui ont restitué à la pensée moderne la notion d’espérance, le goût de la splendeur sont-ils des catholiques. Même Léon Bloy, dans son Désespéré, a suspendu, par le récit d’une grand’messe, les sombres et furieux déchirements de Marchenoir. Verlaine, le pitoyable Verlaine, nota en des modes exquis la douceur d’être catholique :
Va, mon âme, à l’espoir immense[115]…
[115] Sagesse.
Ceux qui surent et purent croire,…
Ceux-là, vers la joie infinie,
Sur la colline de Sion,
Monteront, d’une aile bénie,