—L'horrible bête! chien stupide! s'écria la comtesse épouvantée.
Le chevalier pâlit et, sans en écouter davantage, il se releva, prit son chapeau et sa canne à pomme d'argent, et salua cérémonieusement Mme de Vilanel; puis, après avoir sifflé Turc, il sortit et s'en alla chez lui, célibataire comme devant.
L'année suivante, quand, fidèle à sa parole, il revint au château le 1er mai, la comtesse ne l'attendait pas sur le perron; mais il fut accueilli à la grille par une meute effroyable de chiens de toute sorte, hurlant comme un troupeau de furies. Mme de Vilanel avait épousé dans l'année le noble vicomte de la Paludière, grand chasseur devant Dieu et dresseur émérite de chiens courants, couchants, d'arrêt, etc., et même de chiens savants.
—Pour un que j'avais, songea le chevalier, c'était bien la peine! Ah! la femme!
Et il s'éloigna.
LES PETITS ROMANS DE GÉRALDINE
I
L'AIL
Nul n'ignore, sur les boulevards, que notre bonne Géraldine—celle-là même dont j'ai mis en scène de mon mieux, au théâtre du Vaudeville, l'aventure véridique avec Tacoman, roi de Chaonie[1]—s'appelait au civil, qui est le triste réel, Aldine Gérat, et qu'elle était de Marseille.
[Note 1: PETITE MÈRE, comédie en quatre actes, 29 avril 1903, théâtre du
Vaudeville (Voir Théâtre d'Emile Bergerat).]