—Etes-vous très-malheureuse de la mort de votre enfant?

—Oh oui, très-malheureuse, j'ai mal fait. (Ceci est dit avec la plus grand calme, sans apparence d'émotion.) Mais je n'ai pas pu pleurer. Autrefois je pleurais pour un rien, maintenant je ne peux plus du tout; j'étais très-sensible, on se moquait de moi parce que je pleurais quand je lisais quoique chose; je ne suis plus sensible du tout maintenant.

—Vous rappelez-vous ce qui s'est passé le jour où vous avez tué
l'enfant?

—Je ne me rappelle pas tout, mais bien des choses. J'ai frappé sur
sa tête avec un martinet en bois.

—Quand vous avez, cessé de frapper vivait-il encore?

—Oui, il remuait, mais je pensais tout de même qu'il était mort,
je ne voulais pas le faire souffrir.

—Dans les nuits qui ont précédé, avez-vous entendu des voix qui
vous disaient de le tuer?

—Non, je ne pensais pas à le tuer avant, je l'aimais bien, et son père aussi. C'est dans l'hiver que je me suis trouvée très-malheureuse que l'idée m'est venue, je la repoussais, et elle est revenue, je ne sais pourquoi.

—Êtes-vous bien sûre de n'avoir pas entendu des voix qui vous disaient: «Tue-le»?

—Non, jamais.