—Fusillés! s'écrièrent avec stupeur Savourny et Moussemond.

—Silence!

—Pitié! fit Mme Dufriche, se jetant, tout en pleurs, aux pieds du commandant. Mon fils n'a rien fait. Ne le tuez pas!»

Il l'écarta avec impatience.

«La loi militaire est dure; je le regrette pour vous, madame. Mais il faut des exemples. La France nous a déclaré la guerre et ne veut pas accepter la paix. Que les Français en subissent toutes les conséquences!

—Monsieur, monsieur! je n'ai pas touché un fusil de ma vie, dit alors Toto Mousse affolé de terreur, avec des gestes de petit enfant qui supplie. J'ai toujours été pacifique, très pacifique, moi. Tout le monde le sait. Informez-vous. Je me suis fait remplacer pour ne pas me battre. J'aime les Allemands, mon général. Ce n'est pas moi qu'on doit punir. C'est injuste. Qu'on me laisse libre! Papa vous donnera tout ce que vous voudrez.

—Je ne veux rien de vous.

—Qu'on nous juge, au moins!» fit Savourny.

Il n'en put dire davantage. Les soldats poussèrent les trois condamnés vers la porte.

Mme Dufriche s'attachait aux vêtements de son fils, qui, interdit, stupéfait, s'avançait péniblement.