Sébastopoulos voulut souper. Je me grisai cette fois si effroyablement qu'on fut obligé de me faire reconduire chez moi.

VII

Je ne me décidai que quinze jours plus tard à retourner chez mon oncle.
Ma tante eut une manière de me recevoir qui m'enrhuma du cerveau
instantanément. Mais ma cousine eut l'air de ne pas me garder rancune.
Je restai à dîner. Ma cousine fut avec moi d'une amabilité singulière.
Elle parla joyeusement du bal où elle devait aller le soir même.

Mon oncle était taciturne. Après le repas, il me prit à part et me dit: «Tu mériterais!… Tiens! tu aurais mieux fait de ne pas revenir… On ne se montre pas comme ça en public. Ma femme est furieuse.»

J'allais me retirer, l'oreille basse, quand Édith vint à moi, riante, coquette, pimpante, et roucoula d'un ton infiniment câlin:

«Est-ce que M. Octave daignera danser avec nous ce soir?

—Oh! fit sa mère.

—M. Octave est peut-être engagé ailleurs,» reprit la douce créature.

Ma tante était stupéfaite; mon oncle réfléchit, puis il me dit:

«Viens!»