Il résulte donc, bien manifestement, de l'étude des documents paléontologiques que l'apparition et la complication des êtres organisés, végétaux et animaux, se sont opérées graduellement. L'échelle paléontologique, végétale et animale, concorde exactement avec les échelles didactiques que les naturalistes avaient auparavant dressées, pour résumer leurs classifications et dans lesquelles on passe des êtres les plus simples aux plus complexes, quand on les parcourt de la base au sommet:
Par conséquent, c'est à juste titre qu'on divise la paléontologie en quatre époques principales:
L'époque paléozoïque, ou des animaux anciens, correspondant à l'ère primaire;
L'époque mésozoïque, ou des animaux intermédiaires, synchronique avec l'ère secondaire;
L'époque caïnozoïque, ou des animaux nouveaux, qui n'est autre que l'ère tertiaire;
Et l'époque anthropozoïque, contemporaine de l'homme.
Mais ces renseignements indiscutables ne sont pas les seules lumières que la paléontologie nous fournisse sur le passé des êtres organisés; elle nous dévoile, en outre, l'immense durée du temps que représente leur histoire, durée que d'aucuns, comme Haeckel, évaluent, d'après l'épaisseur des terrains sédimentaires, à cent millions d'années, répartis de la manière suivantes[103]:
| Époque | archéozoïque | : | 52 | millions d'ans; |
| » | paléozoïque | : | 34 | » |
| » | mésozoïque | : | 11 | » |
| » | caïnozoïque | : | 3 | » |
| » | anthropozoïque | : | 0,1 | » |
Enfin, la paléontologie nous autorise à supposer qu'il existe, entre les êtres les plus récents et les plus anciens, une liaison continue et que ceux-ci dérivent de ceux-là.
Car, à de très rares exceptions près, ces êtres ont varié perpétuellement, et bien que leurs variations se soient, généralement, produites avec une extrême lenteur, leurs diverses espèces connues sont, dès maintenant, innombrables; de plus, les découvertes les multiplient sans cesse, et nous ne pouvons nous flatter de les posséder toutes.